Politique

Constitution : « La Cédéao n’a pas les capacités de faire plier le Togo sur la question »

Très controversée, la nouvelle Constitution togolaise, adoptée en fin de semaine dernière, sera-t-elle promulguée ? Tous les regards sont désormais braqués sur le chef de l’Etat Faure Gnassingbé, qui disposait en principe depuis vendredi dernier, de quinze jours pour faire basculer ou non, le Togo dans la 5è République.

 La nouvelle loi suprême, supprime l’élection présidentielle au suffrage direct par les citoyens et fait du Togo un régime parlementaire dans lequel le pouvoir sera détenu par le président du conseil des ministres issu du parti majoritaire. 

Alors qu’une mission de la Cédéao a quitté Lomé samedi matin, l’institution régionale n’a pour l’instant fait aucune déclaration sur le changement de régime, opéré vendredi au Togo.

Dans la foulée, Alioune Tine, fondateur du think tank AkricaJom Center, basé à Dakar et qui travaille sur les questions de démocratie et de paix en Afrique de l’Ouest, déplore l’impuissance de la Cedeao à faire respecter les règles démocratiques dans ses États membres.

Pour ce dernier, « la Cédéao doit faire plus, parce qu’elle sanctionne les violations commises par les militaires, mais n’arrive pas à sanctionner quand (elles sont commises) par des chefs d’État civils qui, par des tours de passe-passe constitutionnels ou juridiques, ou par le biais du Parlement, font tout pour garder le pouvoir par tous les moyens ».

« Le spécimen typique, c’est le Togo et l’impuissance caractérisée de la Cédéao. Elle n’a pas les capacités, ni politiques ni diplomatiques, de faire plier le Togo sur cette question. Les Togolais ont bien droit à la démocratie comme tout le monde, et c’est pour ça que nous, nous demandons à ce que la Cédéao soit réformée. La Cédéao, il faut qu’elle se réforme ou qu’elle disparaisse. Les chefs d’État ne se sanctionnent pas entre eux. La véritable réforme viendra le jour où on aura une commission de la Cédéao qui soit assez forte, qui ne sera pas soumise à l’autorité des chefs d’État et de gouvernement« , ajoute Alioune Tine, a micro de RFI.

Rappelons que le Collectif des associations contre l’impunité au Togo (CACIT) demande aux présidents des institutions de la République de saisir la Cour constitutionnelle pour statuer sur la constitutionnalité du texte et savoir si les conditions répondent aux normes.