Economie

Groupe Bolloré : au nom du Père, du Fils et de la Françafrique 

Bolloré Groupe_togopeople

La multinationale française est toujours bel et bien présente sur le continent. Malgré la cession à l’italo-suisse MSC, de ses activités logistiques en Afrique pour près de 3740 milliards de FCFA, le groupe Bolloré centre ses efforts sur le divertissement et la communication, comme à travers Canal + tout en s’ouvrant à l’agriculture. Mais l’accord a pris par surprise plusieurs palais qui, loin de se douter que des négociations étaient en cours, n’ont pas apprécié d’être mis devant le fait accompli.

Il faut noter que cette cession a sonné comme la fin d’une époque où l’Afrique occupait encore une place importante au sein du groupe français.

Partenaire historique d’une quarantaine d’États, l’entreprise venait de leur tourner le dos.

Mais dans le même temps, cela constitue néanmoins un important retrait d’une région qui a fortement contribué à sa prospérité.

Si dans la foulée, la présence du groupe est de plus en plus décriée en Afrique, en même temps que grandit un certain sentiment anti-français, Cyrille, le plus jeune des fils du milliardaire homme d’affaires Vincent Bolloré, est désormais aux commandes de l’empire familial.

À Puteaux, en région parisienne, au 17e étage de la tour qui porte son nom, Cyrille Bolloré, l’héritier nommé Président Directeur Général en 2019, sait qu’il doit encore rassurer les uns et les autres.

Si son père, Vincent, a noué des liens personnels avec plusieurs présidents et ex-présidents comme Alassane Ouattara ou Alpha Condé, lui, apparaît beaucoup moins connecté aux pouvoirs africains.

Le fait de la différence d’âge avec cette classe dirigeante ? On se saurait l’affirmer avec exactitude.

“Cyrille rencontre et travaille avec les chefs d’État, les pouvoirs publics et les représentants de la société civile dans tous les pays où le groupe est investi et engagé”, précise néanmoins  Fabricio Protti, Directeur Général de Bolloré Energy.

A Lomé, l’italo-suisse gère déjà le Lomé Container Terminal (LCT), à travers sa filiale Terminal Investment Limited (TIL), qui a boosté les activités portuaires, la positionnant parmi les meilleurs trafics conteneurs sur le continent.

Et selon son plan stratégique, MSC prévoit d’investir jusqu’à 500 millions de dollars dans le Port de Lomé, d’ici 2030. 

De quoi renforcer son assise dans un Port qui est déjà devenu son hub régional et un important relais pour son trafic à conteneurs dans cette partie du monde, surtout dans une période de tensions logistiques à cause de la Covid-19.

Une pandémie qui a entraîné une récession économique au plan mondial.

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Blaise AKAME / Directeur de Publication