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« Quand il mangeait, je devais ramasser les miettes qui tombaient », le récit poignant de Koffi Djondo

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Il aura tout essayé et tout réussi. Ceci, grâce à son audace d’entreprendre. Apôtre du panafricanisme, Gervais Koffi Djondo reste convaincu que l’entrepreneuriat demeure le moteur du développement du continent noir. Et pourtant, le fondateur d’Ecobank et d’Asky Airlines, considéré aujourd’hui un modèle de réussite dans le monde des affaires, et source d’inspiration pour la jeune génération, n’avait pas connu une enfance heureuse. Et rien ne présageait un succès aussi époustouflant.

Tous ses proches restent unanimes sur le trait de caractère de Koffi Djondo : sa rigueur, envers lui-même, puis envers les autres. 

Cette rigueur, le richissime homme d’affaires togolais l’a héritée de son père.

En effet, durant son enfance, Gervais Koffi Djondo a reçu une éducation tellement stricte qu’il l’évoque parfois, en la qualifiant de prussienne. 

« J’ai grandi au Togo, dans la région d’Aného. Je n’ai pas eu une enfance comme celle de tout le monde. Je suis fils unique et c’est mon père qui m’a élevé. Grand commerçant, il appartenait à la génération des Allemands qui ont colonisé le Togo. Il était très dur. Quand il prenait ses repas, je devais rester les bras croisés en face de la table, pour ramasser les miettes qui tombaient, ou apporter ce dont il avait besoin. Quand je me mettais à somnoler, j’avais chaud ! Très chaud ! Une fois alors que je somnolais, il m’a mis à genou sur des coques de palmiste. J’avais les genoux en sang », confie le fondateur d’Asky.

Et ce n’était pas tout. « Sortir m’était interdit. Je ne quittais la maison que pour aller à l’école, où mon père m’accompagnait. Et le dimanche, j’allais à la messe avec lui. Il me tenait par la main et ne tolérait pas que je m’éloigne », se souvient Gervais Kofi Djondo.

Malgré tout, l’entrepreneur ne regrette rien.

D’ailleurs, il ne semble pas vraiment en vouloir à son père qui lui a enseigné la rigueur qu’il cultive depuis cette période.

« Sans vouloir entrer dans les discussions actuelles en Europe ou aux États-Unis sur les punitions et les fessées qu’il ne faudrait plus donner aux enfants, je pense que c’est une grave erreur de ne pas réprimander. Un enfant ne peut pas ne pas être puni, il doit savoir que s’il fait telle ou telle bêtise, il sera sanctionné », explique Gervais Koffi Djondo.

En dépit de son immense fortune et son parcours qui force l’admiration, ce dernier veut à tout prix réaliser son plus grand rêve.

Celui de conquérir le ciel africain et voir émerger une Afrique « plus grande et plus forte ».

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Blaise AKAME / Directeur de Publication