Société

Togo : Sydemines et SADD, en synergie d’action pour une meilleure protection des travailleurs des mines, de la Zone franche industrielle et des BTP

Bien que constituant un maillot fort de l’économie togolaise, les secteurs des mines, de la zone franche industrielle et du BTP sont considérés comme des zones à risque, où des accidents de travail et maladies professionnelles entraînent parfois la mort ou l’invalidité des travailleurs. Les conditions de sécurité et santé au travail n’étant pas à la hauteur des dangers sur les lieux de travail, comment parvenir à réduire les risques susmentionnés ? C’est à cet exercice que s’est prêté le Syndicat Démocratique des Mines (SYDEMINES) en initiant du 29 au 30 novembre 2022, un atelier de renforcement de capacité de 26 délégués syndicaux et des délégués du personnel des entreprises ciblées (MINES, ZFI et BTP) sur la C176, C167 et C155. Une action menée en synergie avec l’Ong Solidarité et Action pour le Développement Durable (SADD), avec l’appui du programme WSM-DGD.

Dressant un état de lieux de la situation dans ces secteurs, le Sydemines a relevé que « très peu d’entreprises respectent les visites médicales, les équipements de protection individuels sont rares et très souvent inadaptés et refusés pour la plupart du temps aux travailleurs dits contractuels et qui malheureusement payent de lourd tribut en cas d’accident de travail ».

A titre illustratif pour ce qui concerne le secteur des mines, le Secrétaire général adjoint du syndicat a donné quelques chiffres.

Entre de 2015 et 2017, relève ce dernier, 6 des 8 victimes d’accident mortel (chute de plus de 15 mètres de haut, un travailleur broyé par un convoyeur ou encore l’explosion de citerne à fuel-oil) à WACEM sont des contractuels soit 75%.

« Le 30 novembre 2019, un travailleur de SCANTOGO a été sévèrement blessé au bras par un convoyeur et en décembre 2018 un autre accident de convoyeur a causé la fracture du bras d’un mécanicien ».

Et M Sedonou d’ajouter que « la crise du COVID19 a montré la vulnérabilité de ces travailleurs avec des clusters à WACEM, SCANTOGO et SNPT ».

Un tableau peu reluisant qui doit interpeller les pouvoirs publics au Togo, à œuvrer pour une meilleure protection des travailleurs de trois secteurs à fort potentiel économique. Ceci, en ratifiant les conventions 155, 167 et 176 de l’OIT.

« Certes, on retrouve la plupart des dispositions de ces conventions dans la législation nationale du travail mais elles sont insuffisantes, très peu connues des acteurs et très peu respectées », note le Secrétaire Général adjoint de Sydemines.

Ainsi, au cours de cette rencontre de renforcement de capacités, les délégués du personnel et délégués syndicaux des secteurs des mines, du BTP et de la ZFI ont été amenés à avoir une parfaite maîtrisé de l’objectif des conventions 176, 167 et 155 ainsi que leurs champs d’applications.

Les 26 participants ont également été exhortés à faire de la sécurité et santé au travail « une priorité de tous les jours ».

Autre objectif pas des moindres de cet atelier : amener les délégués du personnel et délégués syndicaux des secteurs des mines, du BTP et de la ZFI à engager des plaidoyers et des actions en vue de la ratification et mise en application des conventions 155 ; 167 et 176 de l’OIT.

Selon l’OIT, chaque jour, des personnes meurent des suites d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. Chaque année, au moins 1,9 million de décès sont enregistrés dans le monde.

Par ailleurs, il y a chaque année quelque 360 millions d’accidents du travail non mortels mais qui entraînant plusieurs jours d’arrêt de travail.

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Blaise AKAME / Directeur de Publication