Politique

Togo : faible représentativité des femmes en politique, WILDAF-AO et le GF2D veulent renverser la tendance

Au gouvernement, au parlement mais aussi au niveau des collectivités locales, il y a une faible représentativité des femmes dans les sphères décisionnelles. Et c’est une évidence. En vue d’accroitre à 50% d’ici 2030, la participation politique des femmes et jeunes femmes, au même titre que les hommes, conformément aux engagements internationaux, souscrits par plusieurs pays dont le Togo, WILDAF-Afrique de l’Ouest a initié un mouvement dénommé : « 50% pour elles aussi ».

Initié suite à un atelier sous-régional tenu à  Lomé en octobre 2023, ce mouvement a prévu d’organiser une tournée de plaidoyer dans certains pays de la sous-région, notamment au Togo.

A la faveur d’une conférence de presse tenue jeudi 13 juin à Lomé, WILDAF-AO et son partenaire clé, le Groupe de réflexion et d’action, Femme, Démocratie et Développement (GF2D), ont voulu par ce canal, donner une plus grande visibilité à la tournée de plaidoyer, afin de favoriser la participation politique des femmes au Togo.

Dans le détail, souligne Michelle Aguey, Secrétaire Générale du GF2D, il s’agissait de faire le point de la tournée de plaidoyer au Togo et rendre compte à une masse critique de médias et du grand public.

« Nous souhaitons mobiliser et obtenir le soutien de la société civile, des médias et du public togolais pour qu’ils appuient les initiatives en vue d’amener l’Etat togolais à accéder aux demandes qui ont été faites au cours de la tournée au Togo », a ajouté Mme Aguey, qui est par ailleurs, Consultante en droit, genre et plaidoyer.

En ce qui concerne la participation politique paritaire pour les femmes, renseigne la Secrétaire Générale du GF2D, l’objectif est encore loin d’être atteint.  

« Malgré quelques avancées au niveau de la participation des femmes dans les instances de prise de décision publique et politique, la représentativité voire la participation politique et paritaire des femmes, reste très préoccupante », ont noté les organisateurs de la conférence de presse.

Dans un document transmis aux professionnels des médias, il ressort que le nombre de sièges occupés par des femmes au Parlement togolais, est passé de 1,2% en 1997 à 18,7% en 2020, puis à 24,7% en 2024

Au Niveau local, ajoute le document, « les femmes ne représentent que 13,23% des Conseillers municipaux, et seulement 12 femmes occupent le poste de Maire sur117 communes ».

Par rapport aux dernières élections législatives et régionales de 2024, renseigne-t-on, « on ne note que 593 femmes candidates pour les législatives et 438 femmes candidates pour les régionales sur un total de 2348 candidatures validées ».

« Sur les 19 partis politiques, les 2 groupements de partis politiques et les 60 indépendants qui ont présenté leurs listes de candidatures, aucune n’avait pu atteindre les 50% de femmes ».

Un tableau moins reluisant…alors qu’au niveau sous-régional, le Togo s’est engagé à travers divers textes et mécanismes de l’Union Africaine, à favoriser la mise en œuvre de la participation égalitaire des hommes et des femmes en politique.

A noter que durant les différentes rencontres effectuées dans le cadre de la mission de plaidoyer, des discussions fructueuses ont porté sur le cadre juridique en vigueur et son effectivité, sur le rôle des institutions dans la mise en œuvre des instruments juridiques en vigueur, sur les pistes d’actions à mener pour renforcer la participation politique des femmes au Togo.

Dans la foulée, des recommandations ont été faites à l’endroit des institutions de l’Etat y compris le ministère de l’Action sociale, de la promotion de la Femme et de l’Alphabétisation, aux leaders des partis politiques, à la société civile et aux organisations féminines.